Le jeudi 16 octobre 2003
Kevin Lacombe se remet en selle
De Paul Gains
Chef de presse, Hamilton 2003
Moins d'une semaine après s'être retrouvé au service de soins intensifs de l'hôpital général de Hamilton par suite d'un terrible accident, Kevin Lacombe, jeune coureur canadien de 19 ans, envisage son retour au hockey junior majeur A.
Lacombe est un des trois coureurs qui a heurté de plein fouet les barrières alignées le long du parcours dans la deuxième descente sur James Mountain Road durant la course sur route des hommes junior. Une ambulance est arrivée immédiatement sur les lieux et il a été transporté à l'hôpital souffrant de ce que les médecins ont appelé un « grave traumatisme cranien fermé ».
Bien que Lacombe ait songé à maintes reprises à l'horrible scène, il ne se souvient pas de grand-chose.
« Je me souviens seulement que je descendais et qu'il y avait des feuilles sur le sol humide, explique-t-il. Je ne me souviens de rien après ma chute. Je sais que c'était glissant à cause des feuilles, mais je n'arrive pas à me rappeler exactement ce qui s'est passé. »
Il a été branché à un ventilateur mécanique pendant dix heures et a recu les meilleurs soins à l'ICU, qui est également le centre de traumatologie de la région. Durant ce temps, les médecins ont désigné son état comme étant « critique mais stable » et ont affirmé qu'il souffrait d'un type de blessure dont « certaines personnes ne se remettent pas ». Aujourd'hui, il s'est rendu chez son médecin pour faire enlever les points de suture de sa machoire. À part cela, il précise qu'il n'a aucune séquelle persistante, aucun mal de tête ni aucun étourdissement.
L'épreuve a été particulièrement difficile pour sa mère et sa soeur. Il y a un an et demi, le père de Kevin a été tué dans un accident de voiture et, pendant un certain temps, on ne savait pas si le coureur, qui a remporté le contre-la-montre des hommes junior lors des championnats canadiens de 2003, survivrait. C'était déchirant de le voir inconscient, relié à divers tubes. Son entraîneur personnel, Eric Van Den Eynde, était confus lui aussi. Des sympathisants téléphonaient pour lui annoncer des nouvelles contradictoires tandis que Lacombe gisait dans son lit d'hôpital.
« La première personne qui a appelé m'a dit que son état était critique et qu'il pouvait mourir. L'appelant suivant m'a affirmé qu'il allait s'en sortir. Puis une autre personne m'a appelé pour dire qu'il était paralysé », se souvient Van Den Eynde. « Après un certain temps, je ne savais plus quoi penser. »
Lacombe, quant à lui, ignore toujours tout de ce qui s'est passé. Il lui reste à visionner le film de l'accident, que personne ne lui a décrit d'ailleurs.
« Deux médecins et deux pharmaciens étaient là pour moi. Ma mère et ma soeur étaient là également. Elles ne m'ont pas expliqué grand-chose à part les procédures hospitalières habituelles. »
Une telle expérience pourrait détourner d'autres coureurs du cyclisme sur route, mais Lacombe maintient sa décision de pratiquer le cyclisme de compétition l'an prochain.
« Oh oui, je vais continuer, affirme-t-il. Ma saison est maintenant terminée et je commence ma saison de hockey avec mon équipe de Drummondville (à titre de défenseur), d'ici une semaine et demie ou deux, selon les recommandations des médecins. »